1 : Les faits – (voir annexes)

Vendredi 30 juillet 2004, entre collègues nous discutons avant de partir chacun sur notre secteur d’autoroute. En effet, je travaille à la régie autoroutière de Ghislenghien, près du château d’Eau. Comme inspecteur de réseau, notre travail consiste à vérifier l’état de l’autoroute et de noter les travaux à réaliser pour que cette dernière soit en sécurité pour les usagers.  Le ciel est d'un bleu....une vraie journée d'été va commencer. Nous sommes à la veille du week-end et l’ambiance est bon enfant. Le chef m’a déjà demandé de vérifier les niveaux des citernes dites de « La Floridienne). Celles-ci se situent en pied de talus de l’A8 et recueillent les eaux de ruissellements polluées.  Je me prépare à partir vers le zoning, de l’autre côté du rond-point. 8h45 un vrombissement s'annonce au loin. On dirait un avion de ligne qui s'approche. Nous ne sommes pas loin de Zaventem...Ce bruit s'accentue au point que je pense que cette chose va s'écraser dans les champs avoisinants. Le bâtiment commence à trembler... je n’ai jamais ressenti une telle chose. Il est 8h57. Soudain, c'est l'explosion. Tout s'embrase. Nous sortons paniqués pour nous retrouver dans la cour. Nous voyons alors l'ampleur de la situation. Un véritable mur de feu d'une hauteur incroyable s'élève juste derrière le bâtiment. Nous courrons  aussi vite que possible pour nous éloigner de la chaleur qui augmente de plus en plus. On se croirait dans un four… vite… il faut s’éloigner de cette fournaise. Nous ne savons pas ce qui se passe. Je n’ai jamais vu de flammes aussi hautes

Mon gsm !! J’ai oublié mon gsm sur mon bureau ! Demi-tour, je laisse les autres pour reprendre le seul moyen de communication encore possible au cas où...  car je ne sais si nous allons en sortir. Je reprends mon élan mais là, dans la précipitation je tombe sur l'asphalte. mon coude droit et mes deux mains en prennent un coup.

La régie est entourée d'une clôture métallique. Elle empêche normalement les intrus de rentrer dans l'enceinte mais elle empêche aussi de sortir... quoique ce ne soit pas par ce moyen là que nous sortons d’habitude. Je retrouve Lysiane, la concierge, complètement paniquée derrière la cabine électrique. : " Que se passe t-il Francis" je n'en sais rien. Un attentat ?une bombe atomique ?et puis... les conduites de gaz !c'est cela, les conduites de gaz ont explosés. Avec les mains et les pieds, on tente de démolir un morceau de la clôture pour courir vers l'autoroute. Un ouvrier d’entretien est déjà passé de l’autre côté. Je ne sais pas comment. En nous voyant il fait demi-tour pour nous aider à sortir. C’est le seul moyen que nous avons de nous éloigner car la sortie « habituelle », par la grille, donne vers le brasier. Enfin, on arrive à escalader une partie et avec le poids et les secousses que nous faisons celle-ci cède et un panneau est abaissé sur le sol.. on sait passer. La course effrénée reprend. Je suis sûrement champion de la course à pieds dans les sillons du champ qui borde le château d'Eau. L’autre inspecteur tient en mains, son appareil à photos et essaie de garder en mémoire ce que nous vivons.

L’employée administrative a bien du mal à suivre. Il faut dire qu’elle n’a pas les chaussures idéales pour une telle aventure. Il y aussi l’adjoint de notre chef, qui semble plus apte à maîtriser  la situation. Il est moniteur de plongée et les situations de stress il connaît Enfin… la température ici est plus supportable, nous sommes sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute et nous constatons cette énorme torchère qui continue de brûler. Venus par je ne sais où, une femme et ses deux enfants est là aussi avec nous. La peau rougie de la tête aux pieds. Ils hurlent tous les trois de douleurs. J’ai les mains en sang ainsi que mon avant bras droit. Ma chemise est déchirée ainsi que mon pantalon et mes souliers sont démolis mais je suis vivant ! On tente d'arrêter les véhicules qui viennent vers nous pour transporter ces personnes vers un endroit où ils pourront recevoir les premiers soins. Beaucoup passent sans s'arrêter. Enfin une camionnette s'arrête et on nous embarque jusqu'à la station d’essence d'Hellebecq toute proche.

On allonge alors les trois personnes qui m’accompagnent sur le sol et le personnel les refroidissent par des linges humides. Il faut absolument faire descendre la température. On tente d'obtenir une ambulance rapidement mais les services de secours sont débordés. Moi, assis sur une chaise, je suis en état de choc. Je tremble, je pleure, j'essaie de contacter les miens. Comment cette journée qui avait si bien commencée va-t-elle se terminer ? Et les autres, que sont-ils devenus ? J’essaie de téléphoner à Annie et à mon pasteur pour leur  annoncer cette catastrophe. Je tombe sur sa boîte à messages. Je lui indique avec mes mots ce qui se passe.

Je suis toujours là, assis au milieu de la station. Je regarde mes mains, j'essaie de téléphoner à mes proches. Enfin, je touche Annie et lui dit ce qui m’arrive. Au loin, près du château d'Eau cela brûle toujours....

Enfin, une ambulance arrive pour embarquer les blessés. Au vu du nombre, cette famille doit être séparée et je ne le veux pas. Ils sont embarqués ensemble car leur état est plus critique que le mien. Les yeux embués, j'écoute sans entendre, ma tête tourne, le feu est toujours présent dans mon esprit.  Quelqu’un se propose de me conduire à l'hôpital... d' Enghien... On apprend sur place qu'il n'y en a pas. On repart vers ?on ne sait pas... toutes les routes sont pleines d'ambulances, de police, de pompiers... Cela doit être un véritable enfer sur place. Les sirènes résonnent dans ma tête, il doit y avoir des morts...

Par saccades, les sanglots montent et je repense à ce que j’ai vécu.

Nous partons sur Soignies. L’hôpital est déjà prévenu. En effet le plan catastrophe est déclenché. Tout ce qui a rapport avec les services médicaux est mobilisé. Avec l'aide d'un collègue de l'aimable automobiliste qui m’a pris en charge, nous arrivons à la clinique. J’arrive par les urgences. Des radios sont prises pour voir si mes poumons ne sont pas touchés par la chaleur intense. Une radio de ma main est prise également. Je raconte mon histoire au personnel qui me soigne. Je pleure. Les infirmières me quittent un instant mais cela ne va pas. J’ai besoin d’être entouré.

Annie, mon épouse, me rejoint. Les blessures ne sont pas trop graves. Je peux quitter l'établissement rapidement. En partant je croise des ambulances qui amènent les premiers blessés. Au loin, les hélicoptères tournoient dans le ciel. Ce ballet incessant n'annonce rien de bon.

2 : Retour à la maison

Rentré à la maison, j'allume la TV : des flashs spéciaux décrivent la situation. Elle est encore plus grave que je ne le crois.

Mon médecin traitant est appelé pour remplir la déclaration d'accident du travail; elle doit être remplie et déclarée dans les 24h00 au service qui doit la transmettre au service concerné.

Des voisins viennent me voir, puis la famille, tous veulent savoir. On annonce déjà 15 victimes. Moi, je suis entré dans un autre monde, qui deviendra mon monde peuplé d’angoisses et de sursauts. Plus jamais je ne serai comme avant. 18h00 à No télé, c’est le journal régional et je vois le secrétaire communal d’Ath effondré par cette journée qui s’achève dans la douleur et le deuil. Certains blessés sont soignés en France car en Belgique tous les hôpitaux spécialisés sont remplis. La ministre de la justice a déjà expliqué que tout va être mis en œuvre pour que les choses ne traînent pas. On ne peut laisser les victimes dans l’attente.

Alexandre est fâché sur nous car nous n’avons pas pris la peine de le prévenir. C’est vrai que dans ce cas-ci on aurait dû… mais pas pensé… je le regrette mais je ne sais pas revenir en arrière. Annie ne voulait pas le perturber, il était avec ses amis en blocus. Elle le regrette aussi.

Les catastrophes précédentes ont démontré que le temps d’attente pour les victimes était beaucoup trop long. Il faut donc agir vite et bien.

Aujourd'hui matin, j'attends l'infirmière qui s'occupera de soigner mes blessures aux bras et à la main. Je suis tout engourdi, je sors d'un cauchemar. Le moindre bruit me fait sursauter, les ombres aussi et mon esprit est toujours à Ghislenghien. Le traitement est essentiellement la désinfection des plaies et la pose de bandages spécifiques. Question de m’occuper l’esprit j’ai du mal à me concentrer. J’ai tout qui me vient en même temps. Je me demande si le service de santé va m’envoyer rapidement les étiquettes à placer sur les documents médicaux.

Mon chef est paraît-il venu rapidement sur place dès qu’il a appris la situation. Au vu des images à la télévision, tout le quartier était bouclé et j’ai donc des doutes sur sa rapidité à arriver à la régie.

La ville d'Ath va organiser des funérailles nationales. La perte chez les pompiers est lourde : cinq des leurs décédés en service. Un policier est également décédé. Je devais d’ailleurs le rencontrer du lundi.

Je suis un peu perdu. Je dois commencer à trouver des réponses, c'est vital. Mon accident sera-t-il reconnu ? Les frais médicaux seront-ils pris en charge ? Suis-je reconnu comme victime ? Le service social peut-il m'aider ? Je suis vivant, le reste viendra en son temps, du moins je suppose.

Lorsque je regarde vers le ciel je vois toujours ce mur de feu et les images se remettent à défiler. La course effrénée est toujours là, comme si je venais de la revivre. Personne n'est dans ma tête. Je suis seul.

3 : Les funérailles

Ce samedi 4 août, à 11h00, a lieu les funérailles à Ath. Je ne saurai pas y assister. Je suis toujours sensible et j’ai peur de la foule. J’enregistre à la TV le reportage comme tous les flashs et journaux télévisés qui se rapportent au sujet. C’est très difficile de suivre cette cérémonie malgré que j’en sois éloigné. Les pompiers sont venus de tous les coins de la Belgique et forment une haie d’honneur tout au long du parcours funèbre. Le cortège part de l’arsenal des pompiers où un hommage est déjà rendu au monument. Plusieurs corbillards remplis de fleurs suivent les cercueils portés par les hommes du feu. St Julien est trop petit pour accueillir les familles et les personnalités qui ont tenu à partager la douleur de tout un peuple. Le prêtre qui officie reprend dans son homélie un passage de la Bible qui parle de «… rester en tenue de service… » Car nul ne sait ni le jour ni l’heure de notre grand départ. On part au travail le matin en quittant son épouse et ses enfants sans être sûr de rentrer du soir. Heureusement que cette idée ne nous vient pas en tête chaque jour sinon ce ne serait pas vivable.

Etant croyant, je suis touché par ce message d’espoir du doyen. C’est vrai, qu’en réfléchissant à ce que j’ai vécu, je me dis que Dieu m’a protégé ce 30 juillet. Il a permis que je ne prenne pas la voiture de service au moment voulu et que je puisse encore vivre aujourd’hui

Le moment fort de cette cérémonie reste pour moi le solo de la trompette qui  joue «  aux champs ». Cet instant me rend encore plus solidaire de la tristesse qui règne dans cet édifice. Vient alors le moment de la séparation. Le cortège repart accompagner les pompiers et les policiers vers le cimetière communal. Encore une journée douloureuse psychologiquement. Cela ira mieux demain…

4 : Le carrousel se met en marche

Les journées passent et la liste des victimes s’allonge : 20 morts puis 21, 22, 23, avec 24 morts elle sera définitive. A cela s’ajoute 132 blessés à des degrés divers.

Bientôt, j’en aurai fini avec les soins. Mais ma main droite me fait toujours souffrir.

Dès le lendemain de cette catastrophe, des cellules se sont mises en place pour aider les victimes. Malgré mes différents coups de fil, je n’arrive pas à trouver la bonne personne. Le MET me renvoie vers les cellules installées et certaines me renvoient au MET. J’en perds mon latin comme on dit. Je me décourage déjà. Je sais que cela n’est pas gagné d’avance et qu’il me faudra du courage pour assumer la situation, mais pour cela, j’en ai tout au moins pour le moment. Ce qui est très frustrant, c’est de ne pas avoir de contact privilégié. Ce serait plus simple si j’avais quelqu’un devant moi pour répondre à mes questions mais ce n’est pas le cas. Personne.

Je n’ai aucune nouvelle de mon bureau ! Je sais que certains faisaient leur dernière journée avant les congés ce jour là. Par contre les absents du jour devaient normalement reprendre du lundi. Bizarre ! Comme je ne suis pas au bureau  je ne sais rien dire. Un ancien collègue m’a téléphoné pour prendre de mes nouvelles, cela me fait du bien de voir que je ne suis pas oublié.

Les journées passent et j’en ai fini avec l’infirmière. Les soins sont terminés. Vu que je souffre encore de ma main, mon médecin traitant propose de rencontrer un spécialiste. Pour gagner du temps je passe en premier une radio. A Péruwelz, le personnel me rassure en m’expliquant qu’ils prendront bien leur temps pour réaliser les clichés. Je les entends dire entre eux que les radios faites dans l’urgence ne sont pas toujours fiables: Pas de précipitation ! Je ressors de là réconforté, il n’y a rien de cassé.

Je réalise un scanner, mais ici le résultat est tout autre. Il y a bien une fracture. Celle-ci sera confirmée par la scintigraphie osseuse.

La cellule de coordination de l’information et de l’assistance aux victimes de Ghislenghien organise au Palace d’Ath une  première réunion samedi 4 septembre. Elle va, je suppose, répondre aux différentes questions qui se posent à nous les victimes.

Il n’est pas question pour moi de ne pas y assister. J’arrive en voiture sur la place d’Ath car un parking y est réservé pour les invités. Je suis seul car je ne sens pas le besoin d’être accompagné. En attendant l’ouverture de la réunion, j’ai l’occasion de boire un café et de manger quelques friandises offertes aux personnes qui arrivent. Il faut dire que certaines viennent de Flandre et sont parties très tôt ce matin. Je reçois ensuite une farde contenant des documents utiles pour la suite, je suppose. J’ai ici un drôle de sentiment parmi les victimes reconnaissables aux traces de brûlures qu’ils ont sur le corps.. Suis-je vraiment une victime ? C’est incroyable. L’esprit humain est malléable à souhait et, lorsque un sentiment vous atteint et vous touche au plus profond de vous-même, il est difficile de l’éradiquer. Ce sentiment fait alors son petit chemin dans notre cerveau et nous pousse à des raisonnements pas toujours crédibles.

Cette question me taraude jour et nuit.

J’ai mon audition ce 7 septembre. Un inspecteur prend ma déposition. J’insiste bien sur mes douleurs au poignet droit. Il me demande assez bien de questions. J’indique aussi que je n’ai pas encore vu le médecin légiste. Question d’aide psychologique, je n’en n’éprouve pas le besoin pour l’instant. Je suis trop occupé à voir mes cicatrices mais surtout, cette fracture me gène.

Suite aux résultats des examens, je vois donc pour la première fois le spécialiste le 9 septembre.

Comme il s’agit d’un accident du travail, reconnu, mais doublé d’un accident de droit commun, il y aura un procès, expertise… pour éviter des problèmes dans le futur. Ce genre de fracture doit d’abord être soignée par immobilisation (plâtre) et contrôlée par la suite avant opération éventuelle. Si il n’y a pas de changement, on procède alors à l’enlèvement. En terme technique cela s’appelle : exérèse d’un fragment d’apophyse unciforme de l’os crochu.

Aujourd’hui, je reçois le PV de la réunion au Palace d’Ath. C’est bien, le gouvernement se préoccupe. Des conséquences et des initiatives vont être prises pour activer et améliorer l’indemnisation des victimes. Je croise les doigts… Des auditions vont avoir lieu.

Je suis convoqué ce 19 octobre par le juge d’instruction chez un expert qui constate bien le fait que je suis blessé. Il ne peut que constater mon plâtre, bien que psychologiquement je sois toujours marqué par ces images qui passent et repassent devant mes yeux.

Après 6 semaines, je refais un scanner qui confirme l’opération. Il n’y a aucun changement depuis le premier examen.

C’est le 12 novembre 2004 que je passe sur la table en hôpital de jour. Je demande une anesthésie complète mais légère car je suis trop anxieux. Je me réveille dans la chambre, c’est déjà terminé. Un bandage protège mon poignet droit. Pour sortir d’ici, je dois passer par la toilette sinon…Vers 17h00 je reçois mon bon de sortie.

Mon chef de service n’a toujours pas téléphoné pour prendre des nouvelles. Normal car pour lui, quelqu’un qui est malade doit donner de ses nouvelles !

Le service de santé tarde à rembourser les premiers frais rentrés.

Bien sûr, je n’ai pas de marques visibles sur le corps mais, je suis brûlé de l’intérieur… mon âme est blessée… avec tout ce que j’ai vécu, l’isolement dans lequel je vis chaque jour, personne à qui parler, personne pour me soutenir, à part la famille. Mais surtout personne qui me comprenne ! Oh bien sûr pour les autres je dois être heureux d’en être sorti ainsi ! J’ai eu de la chance…  mais peut-on parler de chance dans un tel cas ? Je craque… au secours… il faut que je parle. Je prends donc rendez-vous avec une psychologue du service d’aide aux victimes.

25 novembre : me voici à la porte du SAV (service d’aide aux victimes) pour mon premier entretien. J’ai bien du mal à m’exprimer. Ma gorge se noue et les larmes coulent quand je sens que cette femme m’écoute. Je ne sais pas pourquoi mais, je préfère une femme qu’un homme dans ma situation. Le fait d’avoir commencé a expliquer ce qui se passe dans ma tête me fait du bien.

Après bien des difficultés, je termine ce premier entretien. Je reprends RDV 15 jours après.

Ma main me fait toujours souffrir… A nouveau des examens qui vont démontrer une algodystrophie. Ce qui arrive parfois lorsque l’on opère dans les os…

Le traitement est difficile car ce sont des piqûres de calcium qui occasionnent des bouffées de chaleur ainsi que des nausées. Une première série de 90 va débuter.

Une deuxième réunion a lieu ce 27 novembre à Tournai.

La vie suit son cours. Encore une année qui se termine et dont je me souviendrais longtemps. 2005 est là qui me tend les bras avec son cortège de projets. Il faut toujours avoir des projets dans la tête.

Le premier qui me vient à l’esprit est de quitter la régie pour rejoindre les voies hydrauliques. Là, j’espère qu’il y a moins de risques que sur l’autoroute ! C’est vrai que les bateaux sont moins dangereux.

J’ai reçu une invitation pour la Ste Barbe du bureau ! Tiens, on me connaît encore !

Cette initiative me reste au travers de la gorge… Je réponds au chef en précisant certaines choses. Qu’il pense à moi en portant un toast…  Il a hésité mais m’a répondu.

J’apprends que demander l’avis de soi-disant spécialistes est infantilisant mais rassurant. Que demander l’état des gens est une façon de s’immiscer dans la vie privée et serait peut-être reproché… tout un programme ! Bref je sens que les ponts sont rompus. De ce côté-là, je ne dois plus rien espérer.

Dans de telles dispositions d’esprit, il est sage de partir.

J’entreprends donc les démarches par un premier courrier au directeur des voies hydrauliques. Un échange de mails et de lettres va suivre pour appuyer mon souhait Le service social veut me rencontrer. C’est un plus sûrement dans la procédure.

11 janvier 2005, je suis content car l’assistante sociale vient à la maison.

Comme cette dame vient de Namur et que mon habitation est assez éloignée du centre je vais la chercher à la sortie de l’autoroute. Cette petite réunion sera courte et j’attends que son chef prenne une décision sur ma situation. J’explique à cette femme ce que je vis et ce que j’attends, mais surtout, mon désir de partir. On verra pour la suite.

La procédure de mutation ne marche pas, je dois donc tout recommencer et demander plutôt une « mise à disposition »…qui semble plus facile…

Je me demande comment faire pour exprimer ce qui se passe en moi. J’ai encore et toujours des images qui passent et repassent dans ma tête. Je commence un traitement médical. Effexor – Clozan – Rémergon : cocktail à prendre chaque jour… j’espère que mon état psychique va s’améliorer.

Une porte se ferme à nouveau devant moi. Je ne suis pas un cas social pour une mutation ! Si, demander de l’aide ne fait pas partie du social, il y a de quoi se poser des questions. Mais des questions j’en ai plein la tête. J’en ai marre. Il va falloir que je sorte de ce «bourbier »

Il y a une nouvelle réunion prévue le 26 février pour les victimes et ce, à Tournai, avec en plus la visite du Prince Philippe et de la Princesse Mathilde. Comme j’en ai parlé à la cellule de mon idée de départ, on me conseille de remettre au Prince un courrier expliquant mon souhait de partir, de quitter ce lieu maudit. (voir en annexes)

La rencontre est un peu stressante pour moi. Je n’ai pas l’habitude de parler ainsi à un Prince et une Princesse. Une place est libre autour de la table pour accueillir la Princesse. Elle s’assied juste à côté de moi. C’est une très belle femme, douce, à l’écoute de tous. Moi, elle me connaît déjà si je peux dire car, à la table précédente, il y a la maman  et ses enfants. C’est dur de voir ces victimes. Un type raconte qu’il s’est retrouvé en France car, il n’y avait plus de places en Belgique pour traiter son cas. Il a été mis dans le coma. Une partie de son crâne a fondu…tellement la chaleur était forte. Certaines personnes sont défigurées. Je me dis pourquoi suis-je dans un état pareil. Je n’ai aucune trace, pas de cicatrices. Si, un peu mal à la main droite mais, cela va se passer avec le temps. Comment se fait-il que de parler de la catastrophe me met dans une situation d’angoisse, de tristesse ?

Il faut que j’apprenne à vivre avec « cette chose », l’apprivoiser. Ce drame est gravé dans ma tête. Bruit = danger : sirène = 30/07/2004. C’est comme une équation à plusieurs inconnues et qui me stresse. Il paraît, qu’avec le temps, je vais oublier… En attendant, je me suis encore fait rouler… on m’avait bien écrit que je partais à Péruwelz, décision du ministre ; voilà que cela change… Péronnes et son grand-large va m’ouvrir ses bras.

5 : CONCERT DE PRINTEMPS

L’harmonie des pompiers de Péruwelz organise un concert pour récolter des fonds ce  6 mars. J’y assiste avec ma famille. Dès le début du concert, le cauchemar semble recommencer. Flash-back : sirènes, éclairs dans cette salle obscure. Je me jette sous le siège avant… çà explose à nouveau… mais non… la ressemblance est terrifiante pour moi. Je ne peux m’empêcher ici de présenter le texte lu avant chaque morceau.

Je me dois ici de remercier Martine Mestdagh, directrice de l’harmonie des pompiers de Péruwelz pour cet hommage musical.

30 juillet 2004 ; Ghislenghien s’éveille doucement, un soleil généreux dissipe les dernières rosées matinales, la zone d’activités économiques s’anime, une journée paisible s’annonce…Il est 8h57 : et soudain, c’est l’enfer ; l’explosion est effroyable.

Après le boum fracassant, des victimes, clouées sur place, n’ont pas le temps de réagir ; d’autres, plus éloignées de l’épicentre, observent la progression du désastre et pensent à leur avenir/ si demain ne vient jamais (If tomorrow never comes)

Les bâtiments s’effondrent, tout disparaît dans l’impressionnant cratère, tel un navire englouti par les flots ; immanquablement, on songe au Titanic, ce géant des mers :  (My heart will go on) un extrait du film « le Titanic »

Mais, avant de sombrer, passagers et membres de l’équipage, employés et ouvriers occupés sur le site de Ghislenghien ont une pensée émue pour les êtres chers : elle est sortie de ma vie (She’s out of my life)

Dans un chaos infernal, les sauveteurs s’affairent autour du brasier, véritable volcan en éruption, tentant de sauver ce qui peut encore l’être mais, hélas, dans la plupart des cas, leur tâche s’avère impossible           (mission impossible)

Ils embarquent des brûlés qui, malgré la douleur, malgré les souffrances insupportables, ne savent plus verser une larme (Tränen lügen nicht)

Et pourtant, disséminés dans la nature, projetés à des dizaines de mètres, quelques personnes réunissent leurs dernières forces et appellent les secours : Je suis vivant !   (I am alive)

Les personnes les plus gravement  atteintes sont transportées vers des hôpitaux spécialisés et, bien vite, elles sont soumises à des traitements très douloureux ; cloîtrées dans des chambres stériles, telles des momies visibles seulement au travers d’une paroi vitrée ; moralement soutenues par la visite d’une épouse, d’un enfant, elles endurent vaillamment leurs souffrances : c’est l’effet magique de la puissance de l’amour (The Power of Love)

Les opérations de sauvetage se poursuivent durant de nombreuses heures, c’est le va-et-vient continu des ambulances, des combis de police ; les appels déchirants des sirènes résonnent comme des trompettes dans la nuit (Trumpets in the night)

Des gens choqués courent en tous sens recherchant un parent, un ami, ou un collègue (A tribute ti lionel) est une œuvre écrite par un père et dédicacé à son fils.

Après une épreuve aussi terrible, les rescapés n’éprouvent plus qu’une seule envie, celle d’aimer, aimer davantage ceux qui leur sont chers, aimer tous ceux qui les ont aidés à sortir de l’enfer (L’envie d’aimer)

Et enfin pour terminer la première partie, un message d’espoir et de reconnaissance : (Ave Maria)

A l’entracte la télévision régionale No Télé m’interroge pour son journal. C’est sous les applaudissements de la foule que se termine ce concert car la présentatrice a annoncé qu’une victime est dans la salle… je suis gêné…

Question de ne pas oublier, un jardin de la mémoire va être créé sur le site de Diamant Boart pour accueillir une œuvre qui sera érigée en mémoire de toutes les victimes.

C’est un grand jour pour moi. Après tous ces mois passés éloigné de la régie, je reprends le travail à mi-temps. L’accueil est assez froid ; comme si j’avais quitté la veille le travail. On ne s’empresse pas pour me demander comment je vais. Après tout, le principal est que je sais reprendre le travail.

Je vais voir mon chef pour lui annoncer que je reprends mes fonctions. Je vais m’y faire à cette situation mais ma tête me tourne. A chaque passage sur l’A8, je revois les flammes. Je pense pouvoir en parler aux collègues mais je sens que maintenant l’ambiance est au chacun pour soi et que, ce sujet est devenu tabou. C’est tellement vrai qu’avec le peu de blessures, j’ai réussi à être absent si longtemps… Je suis le roi des tire-au-flanc. Marre de cette boutique.

Aujourd’hui, 31 mars 2005 je reçois le compte-rendu de la dernière réunion. Déjà plus de 1000 procès-verbaux rédigés ! Un collège d’experts va rentrer son rapport fin du mois ! On avance

Ce matin, je passe au palais de justice de Tournai pour me constituer partie civile dans le procès qui aura lieu prochainement. C’est assez bizarre car on me dit que mon dossier est en ordre. Or, je ne suis pas encore passé chez l’expert… Il faut que j’éclaircisse cette histoire. C’est vrai que, pour le juge en charge de ce dossier, je n’ai aucune séquelle psychologique, je l’ai dit le 19 octobre.

Ainsi donc, tout va de travers. Il n’ y a plus d’issue. Comme j’ai remis ma lettre au Prince Philippe, elle a suivi son cours mais mon souhait d’être à Péruwelz est revu. C’était l’idéal pour moi près de la maison… mais c’est sans compter sur la décision du directeur. Ce sera Péronnes !  Si j’accepte cette proposition, je vais me retrouver dans un service où il n’y a pas de place et pas de travail… dixit le chef de district. Comme j’ai des tendances suicidaires c’est pas ma place près du plan d’eau. Je ne comprends plus rien. L’un me dit : si, à Péruwelz j’ai besoin de toi, le directeur répond non, c’est Péronnes et en dernier, mon ex futur chef lui n’a besoin de personnes… quel b…

Avec les conversations au service d’aide aux victimes, j’essaie de savoir pourquoi j’en arrive à ce stade. Combien de fois n’ai-je pas été tenté de braquer les roues de ma voiture de service en doublant un des nombreux poids lourds sur l’autoroute. L’affaire aurait été réglée.

Mais non, ma psychologue avec ses paroles me démontre que je suis normal, que j’ai l’intention manifeste de me battre pour en sortir. IL faut que je continue les entretiens.

J’arrête donc la procédure et vais donc finir ma carrière à Ghislenghien. Le temps passant va sûrement atténuer les effets pervers de mon état psychologique.

6 : 1ère rechute

Ce 5 juillet 2005 je craque de nouveau, sans raison apparente, sans savoir pourquoi. Me voici à nouveau en arrêt total pour je ne sais combien de temps.

J’ai du mal à apprécier les paroles de mon épouse : Etant croyant je n’ai qu’à demander à Dieu pour ma guérison. Bien sûr, je crois en Dieu, j’essaie avec mes moyens de suivre le chemin tracé, mais, les embûches sont là. Me dire que c’est l’œuvre du malin me mets véritablement mal à l’aise et je culpabilise… Je n’ose plus parler de tout cela avec le pasteur. Je n’ai plus la patience d’entendre des discours qui me font mal. Je touche le fond. Que vais-je devenir ? Où est la porte de sortie ? Malgré les médicaments et les entretiens je vais toujours mal.

30 juillet 2005 premier anniversaire de la catastrophe. Une cérémonie a lieu sur le site avec l’inauguration du « jardin de la mémoire » J’ y assiste avec Annie et Alexandre. C’est une journée très pénible pour moi. Je vois d’autres victimes, défigurées, portant les traces de brûlures, ayant des difficultés à avancer. Mais, ce qui me surprend le plus, c’est l’entourage de ces personnes. Elles semblent attentives. Entre elles les victimes se parlent, expliquent leurs parcours. Moi, je suis seul. Il est vrai que je ne suis pas comme les autres, pas de signes extérieurs et c’est cela qui me trouble. Car, même au milieu des victimes, je ne me sens pas à ma place. C’est dans la tête…

Je fais un rapide tour d’horizon.

Vis à vis de mon employeur :      Þ pas de contacts Þ inconnu

Vis à vis du SSA :                      Þ contrôlé Þ suspect Þ profiteur

Vis à vis de mon église :             Þ discours gênant Þ mal à l’aise Þ culpabilité

Vis à vis du service social : Þ hors cadre  de leurs compétences

Vis à vis de moi- même :            Þ ne me retrouve nul part Þ mal être Þ incompris

Je dois donc, après avoir posé les bases de mon problème, trouver les forces mentales nécessaires pour tenter d’éradiquer si, cela est encore possible,les pensées obscures qui me poursuivent.

Je reprends de nouveau le travail à mi-temps mais une fracture s’est créée au sein du district. Le climat n’est plus le même. Chacun reste dans son coin et personne ne reparle de la catastrophe. Je pense que nous essayons de noyer ce drame afin qu’il ne remonte pas.

Ce 12 janvier 2006 je revois le spécialiste pour un contrôle. Je dois continuer mes entretiens avec la psychologue. Ils commencent à me faire du bien. Le service de santé me suit à la trace. Il ne rate pas l’occasion de me contrôler.

Je vais beaucoup mieux, le ciel gris tourne au bleu… j’arrive à travailler à 80 %.

Malgré tout, le contrôle des citernes est toujours d’actualité. Je repense à chaque fois au fait que, ce jour là, je devais rentrer dans le zoning avec la voiture de service. J’imagine enfoncé dans le sol, ces deux conduites, j’entends même le bruit du gaz qui circule… c’est dans la tête. Au retour, avant de rentrer à la régie, ma tête doit se tourner sur la droite et voit alors le jardin de la mémoire. Dire que ce monument est dédié aux victimes et donc, en partie à moi…

Me vient alors des pensées pour les autres victimes. Comment vont-elles, les traitements qu’elles doivent subir sont onéreux mais surtout douloureux. Et moi, je suis mal.

Mon tempérament a changé, je suis agressif, je n’ai plus de patience. J’ai besoin de tout et tout de suite. Si je pose une question, j’attends que mon interlocuteur me réponde dans la minute qui suit. Je ne supporte plus grande chose. J’aurai pu avoir tendance à me relâcher et me dire que tout ce qui m’arrive maintenant, c’est du bonus mais, je n’y arrive même pas.

Perfectionniste de par nature et habitué à tout gérer moi-même, je suis tombé sur un évènement « imprévu » impossible à gérer mais à subir.

Les victimes d’autres drames voient leur vie transformée. Pas moi.

Je suis dans une situation où j’ai un besoin fou de parler de ma vie, comment elle a basculé, comment seul je l’ai assumé.

J’ai atteint le sommet de l’ineptie, voilà que ce cher docteur me demande mon poids ! Ne vient-il pas mesurer l’amplitude de mes biceps… moi qui déprime à 100 à l’heure, je craque et lui dit ma façon de penser. S’il croit me faire reprendre le travail, il se trompe lourdement. Sa prime de remise au travail, il attendra car je suppose que c’est le but. Comme à l’administration tout le monde est profiteur, ils font peut-être des concours entre eux pour remettre les gens au travail ! Je claque la porte en partant ce qui fait s’enfoncer dans leurs chaises les clients suivants. C’est sûr je demande un autre médecin. Je ne veux plus avoir affaire à lui.

Nerveusement ce coup-ci ne m’arrange pas. Faire passer une victime pour rien est la pire des choses. Moi qui ne me situe pas bien, je ne comprends pas pourquoi on s’acharne sur moi. A qui s’adresser encore une fois pour trouver une solution ? Me voici à nouveau à la recherche d’une réponse. Il est certain que si je ne me présente plus au service de santé, je vais me mettre dans les torts. Bon, et bien, j’envoie un mail à la direction du centre en expliquant le conflit entre le docteur et moi ? On verra pour la suite.

Nous sommes le 28 juin, deux jours après l’envoi de mon mail et déjà une réponse !

A sa lecture je comprends encore une fois que c’est de ma faute, qu’il y a ceci, qu’il y a cela, qu’il y a deux parties : une pour l’accident proprement dit (dépression et blessure au poignet) et l’autre mes demandes de travail à temps partiels… de un, le médecin aurait pu me le dire et de deux, je ne vois pas ce que mon poids vient faire dans la balance (premier jeu de mots depuis longtemps)

Enfin, pour éviter tout malentendu, le SSA  change de docteur.

Pour moi, c’est à nouveau recommencer la même histoire car, cette personne qui va continuer à me suivre, doit savoir ce qui s’est passé, comment j’ai vécu la situation, enfin toutes sortes de questions qui ne font que raviver ce que j’essaie, tant bien que mal, à oublier mais, peut-on oublier !

Mon état psychologique l’interpelle sûrement car, il m’envoie chez un psychiatre. La confiance règne car ma psychologue qui me suit depuis un certain temps a déjà remis des conclusions sur mon état, peut-être n’est-ce pas suffisant ou alors ne crois pas ce qui est écrit. Il fait plus confiance à une tierce personne qui ne me verra qu’une seule fois. Autrement dit, cela démarre sur des mauvaises bases.

Ce docteur  me demande d’expliquer ce que j’ai ressenti, et les suites encourues.  Le traitement médical se résume à la prise d’antidépresseurs et d’anxiolytiques. Mais, un phénomène nouveau arrive. Ma vue se trouble à la lecture. Je suis obligé d’éponger mes yeux après quelques lignes et cela me dérange énormément.

J’irai voir un oculiste pour traiter ce phénomène qui arrive parfois avec la prise d’antidépresseurs. Mais, puis-je en parler ? Si je change mes verres  et qu’après je sais diminuer et me passer de médicaments, ma vue va-t-elle à nouveau changer ?

Nous voici à la veille du 30 juillet : deux ans déjà et une courte cérémonie aura lieu demain pour commémorer cette triste journée qui a plongé dans la douleur 24 familles qui ont perdu l’un des leurs ainsi qu’une centaine de familles touchées dans leurs chairs et âmes.

J’ai repris à 80% depuis fin avril mais, 80% c’est beaucoup pour moi. Je dois prendre sur moi-même. L’heure de table est pénible (voir photo page suivante) car la vue donne sur le zoning… et ce moment je l’écourte au maximum ; dès le repas fini, je retourne dans mon bureau. Parfois, une sirène s’annonce au loin et je me sens mal. Cela va passer comme les autres fois mais ce stress me ruine la santé et le moral.

Avec la prise de tous ces médicaments, ma vie amoureuse en prend un coup. Je me montre moins câlin et enclin à … mais je ne vais pas ici en faire une description détaillée. Ce n’est pas gai pour Annie. J’ai peur de la décevoir. Je sens bien qu’une tension dans le couple s’installe insidieusement mais comme, et j’en reviens à la case départ, je n’ai pas de signes extérieurs de blessures, je n’ai donc rien. La preuve : le SSA recommence à me mettre la pression par des contrôles réguliers. Et cela tourne et retourne dans ma tête.

Mes douleurs persistantes au poignet font que je refais des examens et revois le chirurgien en cette fin d’année 2006.

Février 2007, catastrophe ! On va redécouvrir les conduites… Pour alimenter l’égouttage du zoning, il faut placer un tuyau collecteur qui va croiser les canalisations.

Rien qu’à l’idée de revoir les engins de chantiers travailler tout près, je suis mal, angoissé, mal dans ma peau. Je ne peux évidemment pas en parler avec mes collègues car depuis 2004, depuis cette explosion, le climat est devenu lourd. Mon chef qui ne se prive pas de diminuer les gens quand il ne le faut pas est très difficile en ce moment. Pourtant, nous essayons de faire de notre mieux. Mais, je ne saurais plus me retrouver face aux citernes avec pour moi ce danger qui me semble si réel.

7 : 2ème rechute

Comme en fin février j’ai déjà dû arrêter quinze jours, j’ai repris tant bien que mal, croyant que cela passerait mais cela ne va pas du tout. Je dois revoir le médecin. 21 mars 2007 c’est la rechute brutale. Je suis coincé. Plus de recul, incompréhension totale. Le SSA qui ne suit plus et, tout bascule à nouveau. Il semble que mes médicaments ne me font plus aucun effet. Je suis dans un cercle vicieux et je tourne en rond…

Soucis dans le couple, incompréhension du centre médical, je ne suis plus en phase avec les discours de mon pasteur. Il faut que je quitte cet endroit, c’est vital pour ma survie. Je vais demander l’aide des ressources humaines pour être mis à disposition d’un autre service.

Il faut que je justifie auprès du centre la ou les raisons de mon état.

Il faut dire, qu’à nouveau, je dois me battre car le SSA ne veut plus considérer mes arrêts de travail faisant partie de l’accident. En discutant avec le docteur du centre, je parle de ce qui se passe pour le moment dans ma vie, de mon travail, de l’annonce de la réouverture de travaux auprès des conduites, du petit accrochage verbal avec le chef…

Le service social, déjà rencontré, ne sait rien faire dans mon cas, cela ne relève pas du social !. Le service de prévention de maladies du travail  me conseille de ne plus travailler surtout avec la dose de médicaments prise journellement. Le SIPP service  qui s’occupe du bien-être des travailleurs AU travail n’est pas compétent… puisque je ne travaille plus… et j’en passe… Je me tourne donc vers un psychiatre que j’ai connu il y a trente ans passés. En deux rencontres, il a cerné mon problème mais avoue qu’il arrive un peu tard. Son problème à lui est de démontrer à l’administration que je ne vais pas bien du tout et tenter de me remettre encore une fois sur rails.

Il envoie ce jour un rapport au médecin et me remets une lettre.  En voici la teneur.

8 : Rapport psychiatrique

« … Cher Monsieur,

Votre personnalité vous a permis d’affronter des épreuves difficiles avec courage et détermination. Toutefois la catastrophe de Ghislenghien a dépassé de loin vos capacités d’adaptation par sa dimension traumatique. L’état où vous êtes actuellement peut-être clairement référé à cette situation , sachant que vous avez été et restez contraint de travailler sur un lieu vis-à-vis duquel vous avez développé une phobie traumatique, et que les troubles adaptatifs qui en résultent sont actuellement déniés médicalement.

Ces effets en cascade sont le résultat d’une gestion inappropriée des suites du traumatisme dans le contexte professionnel.

Vous êtes donc fondé à contester la position de votre hiérarchie et de la médecine du travail et à exiger le maintien du lien de causalité entre l’accident du travail et la situation actuelle.

Avec mes sentiments distingués. »

Ce 1er juin, je prends le train  pour rencontrer un docteur du SSA de Bruxelles. Il va devoir trancher. Soit, il suit la décision de Tournai soit, il me suit et je reste dans le cadre de mon accident de travail. Je comprends de suite qu’il ne connaît rien à mon sujet. Mon dossier est fermé sur son bureau. Face à son écran d’ordinateur, il me pose certaines questions… disons dirigées. Je dis dirigées car il me reparle d’une « dispute » qui aurait eu lieu entre mon chef et moi. Je lui réponds que ce n’est pas une dispute mais une mise au point et que si, à chaque fois que l’on règle un problème, on doit tomber en dépression, on y arrivera plus. Il persiste et là, je saisis que SA décision est déjà prise. Je lui signale d’ailleurs qu’à partir de maintenant, je ne réponds plus à ses questions. L’entretien est très court : 10’ tout au plus.

Les ressources humaines reviennent sur l’idée d’une mise à disposition sur un autre site. Les choses semblent enfin bouger. Je reçois, jour de mon anniversaire, une proposition de mutation à … Péronnes. Cela se présente d’une autre façon que la première fois. Il manque réellement une personne à Péronnes. Comme je remplis les conditions, je lance la procédure en renvoyant ma demande. De plus, mon état psychologique va mieux.

Ce 13 juin, je vois ma psychologue pour la dernière fois avant longtemps car elle sera en congé. J’espère que cela ira.

Les événements vont encore mal tourner, je le sens. Le spmt me revoit et insiste encore sur le fait de ne plus conduire un véhicule de service. La mise à disposition, plus rapide qu’une mutation est… plus souple au cas où cela n’irait pas dans mon nouveau travail j’aurai les possibilités de changer. Une mutation impose un délai de deux avant de pouvoir repartir ailleurs. Pour moi, tant que je suis parti de Ghislenghien, c’est le mieux qui puisse m’arriver.

29 juin, je revois mon médecin traitant pour mon certificat. Il me couvre avec les mêmes motifs. Mes congés « accident du travail » se transforment en congés de maladies et commencent donc à diminuer. Pas moyen de tenter quoique que ce soit. Si, après quelques échanges assez musclés avec le SSA, en passant par le syndicat je peux attaquer mon employeur au tribunal du travail. Procédure qui sera longue et difficile.

9 : La presse est mise au courant

Il est important pour moi que les gens sachent quelle arme l’administration utilise pour « mater » les éléments rebelles. En utilisant le refus de reconnaissance de plaies qui ont du mal à cicatriser, elle sait très bien que la victime va rentrer dans les rangs car ces coups là sont très douloureux à encaisser. Il n’y a pas de quoi être fier de tels agissements. Je vais demander le passage d’un journaliste.

Je lui présente tous ce que j’ai gardé depuis le début. Cassettes vidéo, photos, articles de presse et j’en passe. Deux classeurs contenant les courriers échangés ainsi que mon dossier médical seront bien utiles au moment du procès. Cela me fait du bien de sentir que l’on s’intéresse à moi ! Je me dois de faire connaître que d’autres personnes dans le même cas se battent pour se faire reconnaître. Ce n’est pas parce qu’il ne présente pas de signes extérieurs qu’une personne n’est pas souffrante.

Ce samedi 18 août est la sortie de mon article dans le Nord Eclair.

Je revois le chirurgien car mes douleurs au poignet sont tenaces. Je refais donc des examens complémentaires. Il me propose une orthèse pour la nuit et ainsi immobiliser l’articulation.

Décidément, je n’arrête plus d’être contrôlé par le SSA. Cette foi-ci il prend des mesures avec une espèce de règle spéciale. Espérons que cette fois-ci cela va bien se terminer. Je comprends qu’il va « consolider » mon accident.

Ma mutation est accordée pour Péronnes pour le 3 septembre. Mon dernier certificat me couvre jusqu’au 20 août. Je vais donc pouvoir reprendre à Ghislengien à 50% et ce pour quelques jours.

Il est dit que j’aurai tout vu dans mon histoire : voilà mon arrêté de mutation reporté au 1er octobre… C’est une fameuse tuile pour moi… Sur les quelques jours passés au bureau, j’ai vidé mes armoires, trié mes papiers et « formaté le disque dur de mon ordinateur. Je ne veux pas laisser quoique ce soit qui me concerne. Pour moi, il est important que je parte comme si je n’étais jamais passé à Ghislenghien. Mon chef me dit que si je pars il ne peut me donner un nouveau travail ! Normal et j’accepte. Mais que faire ici à tourner en rond… Ma feuille de congés 2007 n’est pas très entamée, il me reste des heures à reprendre. Je vais prendre congé.

Lundi 1er octobre, je me présente à la direction des voies hydrauliques de Tournai. Je dois rencontrer le directeur et ensuite… direction Péronnes ! Une nouvelle vie commence !

10 : Un nouveau combat ?

Je n’arrêterai jamais de me battre dans cette affaire. Le SSA m’a amputé au total de 103 jours de maladies sur mon quota. Il faut donc que je reprenne le combat pour les récupérer.

Le SSA ne donne aucune raison sur leur prise de position.

Depuis que mon médecin me soigne pour mon état psychique lamentable,

il a toujours indiqué sur mes certificats : SSPT ce qui signifie « symptôme de stress post traumatique *» Cela n’a jamais varié dans la teneur ni dans les termes. Cela a toujours été reconnu même lors de ma première rechute du 5 juillet 2005. En février 2007 je suis en arrêt total pour 15 jours à partir  du 21février jusqu’ au 9 mars mieux !  Le SSA me convoque le 2 mars et m’accorde ce congé !

Il faut qu’on m’explique.

Par échanges de courrier électronique, on m’indique que je dois attaquer mon employeur au tribunal du travail pour tenter de récupérer mes jours. Sur conseil de mon syndicat j’écris par « recommandé » à la direction du SSA mon désaccord. Au moins, il y a une trace que j’ai contesté leur décision. La politesse ne doit certainement pas faire partie de leurs soucis car il ne réponde pas.

Ce combat, je ne le ferai pas. Des dépenses d’énergie inutiles qui vont encore ruiner mon état psychique, non merci, j’arrête… Au moment du procès, dont personne ne peut encore dire aujourd’hui la date, je devrais être solide car les épreuves seront encore lourdes et difficiles. Cela dit, je vais terminer en vidant mon sac auprès de ce service.

Enfin et pour conclure ; cette lettre *, qui démontre à suffisance que tout ce que j’ai pu décrire dans ces pages n’est pas le fruit de mon imagination. Si certaines personnes pourraient y voir un début de parano elles se rendront compte à sa lecture que réellement des personnes peuvent au mépris de tout, juger, condamner et ainsi prendre des attitudes néfastes sur une personne fragilisée. J’appelle cela de la lâcheté !

Si, ce petit témoignage vous a touché, vous pouvez  me joindre sur mon blog.

                                        http://trepieds.canalblog.com

Nous aurons peut-être l’occasion d’échanger quelques idées…

* voir annexes

11 : Conclusion

Selon que vous serez puissant ou misérable…

Article paru dans le Nord Eclair du 10/10/2007

Voilà dix ans que dure l’affaire « de la Brassine », avocat général liégeois suspecté de pédophilie et d’assassinat (classé sans suite), condamné finalement pour des broutilles et qui évite toute sanction disciplinaire en présentant un certificat médical.

1996 De La Brassine est suspecté des pires turpitudes mais quand le ministre de la Justice transmet les faits à la Cour de cassation, il reste des soupçons de recel et l’emploi d’un travailleur au noir. Le conseiller Marique, chargé de l’instruction, retient, en plus du recel et de l’emploi du travailleur au noir, six autres préventions : faux, usages, escroquerie, extorsion, faux nom, arme prohibée.

De la Brassine, défendu par Me Uyttendaele, estime que ces six préventions n’ont pas été dénoncées à la Cour de cassation. Finalement en 2001, de la Brassine, poursuivi devant la Cour d’Appel de Bruxelles pour les seuls deux faits initiaux, sera condamné à deux ans de prison avec sursis et une amende de trois millions de FB.

Le ministre de la Justice Verwilghen entame alors une procédure de révocation que le Conseil d’Etat casse. De la Brassine reste donc en fonction avec salaire complet. Mais il ne se présente pas au travail : IL ENVOIT TOUS LES MOIS UN CERTIFICAT MEDICAL POUR « DEPRESSION » «  Il s’agit d’une procédure disciplinaire. Elle est régie par le ministre de la Justice » explique Cédric Visart, procureur général de Liège. La ministre de la Justice Onkelinx s’est dessaisie puisque c’est son mari qui, jusqu’en 2005, est le conseil de l’avocat général. Le dossier est chez Flahaut. Qui se lamente. « Utilisation maximale des subtilités législatives ». Et d’admettre que la procédure disciplinaire n’aboutira jamais. L’Administration de la Justice tente à présent de mettre de la Brassine à la retraite pour raison médicale. Dans l’attente, de la Brassine dit travailler comme expert immobilier pour la banque néerlandaise Van Lanschot , roule en Daimler flambant neuve immatriculée dans les Ardennes françaises, et habite à Bruxelles .

Chaque mois, l’Etat lui verse 3.700 € De quoi être dépressif.                   Louis Maraite

Pour ma part j’ai été contrôlé 20 fois…et j’ai perdu 103 jours de maladie…

Article paru dans le Nord Eclair du 11/10/2007

Le paiement par l’Etat, du salaire mensuel (3.700 €) à l’avocat général Marc de la Brassine, condamné en 2001 à deux ans de prison avec sursis, pose différentes questions.

>1. Le certificat médical. Chaque mois, l’avocat général condamné adresse au procureur général de Liège un certificat médical. C’est ce certificat qui empêche toute action disciplinaire. Ce certificat est signé du Pr. Jean-Paul Roussaux, chef de service « psychiatrie adulte »à l’UCL. Une sommité pour ses travaux sur les assuétudes.

>2. Le contrôle. Selon ce certificat, M ; de la Brassine souffre de troubles psychologiques. Un collège d’experts n’est pas de cet avis mais rien ne bouge, malgré la vie économique trépidante que mène l’avocat général dans l’immobilier. La procédure de mise à la retraite pour raison médicale a été actionnée (et déjà une fois refusée par le Médex). Il semble qu’on ne traite pas les greffiers de la même façon que les magistrats. La retraite des greffiers, après deux ans d’absence, étant automatique.

>3. La justice. Qu’a fait le ministre de la justice ? Verwilghen (VLD) avait lancé une procédure en récusation cassée par le Conseil d’Etat. Onkelinx (PS) s’était dessaisie  du dossier puisque son mari, Me Uyttendaele, était le conseil du magistrat. Le dossier aurait abouti chez Flahaut. Il aurait été bloqué pendant des années par les chefs de cabinet de Mme Onkelinx. Une question parlementaire devrait faire la lumière sur ce sujet d’autant que Me Uyttendaele quittait la défense de l’avocat général en 2005. Rien n’empêchait alors Mme Onkelinx de reprendre la main sur ce dossier.

>4. Immobilier. La banque Van Lanschot précise qu’elle « n’a pas de relation d’affaires directe avec M. de la Brassine et que celui-ci ne travaille pas pour elle »

On comprend que dans ce pays les avis divergent selon la place que nous occupons dans la société.

On aura beau me dire que je suis un rescapé, que je dois m’estimer heureux de mon sort en comparaison d’autres victimes mais le fait est là… l’administration m’a volé 103 jours de maladie et cela je n’arrive pas à le digérer. D’autant plus lorsque je vois qu’un avocat général dépose un certificat médical « accepté » par le Médex (nouvelle appellation du SSA) pour bloquer une procédure judiciaire… je crois rêver… et cela me fait mal.

*Le symptôme de stress post traumatique

Désigne une réaction psychologique à un événement traumatique au cours duquel les deux critères suivants étaient présents

1. La personne a été exposée, témoin ou confrontée à un ou des événements qui ont impliqués la mort ou menace de mort, ou blessures graves ou une menace à son intégrité physique ou à celle d’autrui ;

2. La réaction de la personne impliquait une peur intense, de la détresse ou de l’horreur.

Le syndrome de stress post-traumatique peut-être perçu comme une réaction normale de l’être humain.

Après une expérience traumatique, certaines personnes peuvent éprouver des problèmes importants qui ne les affectaient pas avant l’événement.

Dans la majorité des cas, les symptômes s’estompent ou disparaissent au bout de quelques mois, surtout lorsque le sujet bénéficie du soutien de membres de sa famille et d’amis bienveillants.

Dans les autres cas, malgré tout nombreux, les symptômes ne semblent pas se résorber rapidement. En fait, ils ont des répercussions indésirables sur la vie de l’individu, jusqu’à la fin de ses jours.

De plus, il n’est pas rare que l’intensité des symptômes varie au fil du temps.

Ainsi, certains sujets connaissent de longues périodes de répit, mais font une rechute lorsqu’ils sont confrontés à un autre événement stressant de la vie.

12 : LE DERNIER MAIL AU MEDEX

Exp : Mollet Francis

        8, rue du Moulin à Eau

        7600 Péruwelz

       

Madame, Monsieur,

J’ai toujours supposé que la politesse était de mise dans les échanges de courriers. Il est à croire qu’elle n’est pas d’application dans votre service du fait de votre silence à me répondre.

En effet cela fait deux fois que je tente de savoir pourquoi vous avez pris la décision de me voler 103 jours de maladies et à ce jour, pas de réponse ! Il me semble que la moindre des choses c’est d’y invoquer la ou les raisons qui vous ont poussé à une telle attitude envers moi.

Vous me prenez pour qui en définitif ? Quelle faute ais-je commise ? Votre silence ne fait que prouver à suffisance votre pouvoir dictatorial. Vous ne supportez aucune réaction même si elle est juste et fondée.

Votre prise de position n’est basée sur aucun fait démontré à ce jour.

Pour vous il est évident qu’une personne comme la mienne est facile à démolir. Fragilisé par ce que j’ai vécu et ce que j’ai dû subir par après cette catastrophe vous n’avez jamais montré le moindre signe d’humanité et de compréhension.

Il me semble que votre vocation est d’aider les malades et non pas de les enfoncer !

Je viens de terminer un livre au titre évocateur : «Ghislenghien 30 juillet 2004 MES COMBATS… » Et dans mon histoire je me dit qu’il vaut mieux être avocat général au tribunal que simple inspecteur de réseau au MET. (Articles parus dans la presse dernièrement !)

Voilà ce que j’avais à vous dire et qui me restait sur le cœur.

Bien à vous

                               Envoyé le 22 octobre 2007

EDITO : L’impuissance de l’Etat

Le soir nous apprend que l’avocat général de la Brassine, condamné en 2001 a deux de prison avec sursis pour organisation de travail au noir et recel, est désormais admis à la pension pour raison de santé.

Pendant toutes ces années, il a évité toute sanction disciplinaire en introduisant, chaque mois, un certificat médical rédigé par un psychiatre qui diagnostiquait une dépression. Dans le même temps, il remportait ses batailles juridico-administratives contre l’Etat et conservait la totalité de son traitement : 3700 € nets/mois.

L’impuissance de l’Etat laisse perplexe. Essayez, vous, de rentrer un certificat médical mensuellement pendant cinq ans et vous verrez ce que vous dira votre patron…La réponse de Flahaut, ministre de la Défense en charge de ce dossier disciplinaire est édifiante :  « Et pourtant, nous n’avons pas ménagé nos efforts. Mais que faire face à des certificats médicaux rédigés par des psychiatres ? »

Et que faire contre des hommes de droit, rôdés aux techniques procédurières, qui usent de toutes les ficelles, y compris affectives, pour flouer ceux qui les paient. Car in fine, le message délivré par cette affaire est lamentable : En Belgique, un homme chargé de dire le droit peut le bafouer, être condamné et poursuivre à percevoir son traitement de l’Etat comme si de rien n’était. Avec la complaisance (certifiée) d’un médecin spécialiste. C’est cela , la justice        Louis Maraîte